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LA VIE DE JESUS - Première
Partie
Première partie d'une série de quatre exposés de Paramahamsa Prajnanananda à l'Ashram de Miami le 9 Avril 2004, le jour du Vendredi Saint. Lorsque Jésus fut arrêté, il priait Dieu : "Ô Dieu, bénis les tous pour qu'ils ressentent ta présence. De même que tu es en moi, je suis en toi. Qu'ils ressentent tous qu'ils sont en nous et que nous sommes en eux." Ressentons la présence de Jésus en nous dans notre amour et notre dévotion. Que les bénédictions de Dieu, du Christ et des maîtres reposent sur nous tous. Aum, amen. Dans le dixième livre de la bhagavatam, le samaskamba, il y a les chants des Gopis à la mémoire de Krishna. A l'un des versets on trouve: Tabah katamritam tatahjivanam kabirvireritam kalmasapaham sravnamangalam Oh Seigneur, ta vie et tes enseignements sont contenus dans ton évangile au goût de nectar. Il est si beau. Lorsque les souffrances des tourments du monde envahissent la vie, il apporte la consolation et l'amour. tabah katamritam tatahjivanam kabirvireritam Lorsqu'on chante ta gloire, ta vie, tes enseignements, la beauté qu'ils contiennent est sans fin et ils font disparaître les impuretés et les souillures de la vie. Sravnamangalam Ils sont de bonne augure pour la vie de ceux qui les écoutent. Srimatarthatam Ils se rapprochent de toi à travers ton évangile, à travers ta vie, à travers tes enseignements. bhubhidrinantite bhuridajanah Sur cette terre, ceux qui t'aiment chantent ta gloire. Dans la Baghavad Gita, il est dit: Janakarma... divyam evam yo vete tatvatah Ma naissance, ma vie, mes actions sont divines. Ceux qui le savent, qui en connaissent la signification profonde, tatvatah, pas l'histoire superficielle, la signification profonde, trouvent la joie et l'amour dans leur cur et, au bout du compte, la libération. Si l'on applique ces deux versets à la vie du Christ, si l'on comprend vraiment sa vie et ses enseignements, on peut voir comment ils s'appliquent aussi à notre vie. La Vie est un Don La vie est un don. Laissons notre vie grandir dans l'amour. Nous devrions vivre notre vie pour donner autant que nous pouvons. Nous devrions rendre service. Souvenez-vous, la vie n'est pas un chemin facile et tranquille. Elle ne l'est jamais. Lorsqu'on considère la vie des grands hommes, on voit bien que même ceux qui étaient dans l'état supérieur de conscience divine, durent faire face à de nombreux problèmes et à la souffrance. Que dire de ceux dont la vie est pleine d'erreurs, d'émotion, d'ego? Naturellement, leurs problèmes sont nombreux. Cela va de soi. Mais comment faire pour vivre dans ce monde malgré les problèmes et les difficultés? Nous aimons ceux qui nous aiment, mais il nous est difficile d'accepter ceux qui essayent de nous trahir, de prier pour eux ou de les aimer. Dans la vie de tous les jours, il y a des gens à qui on peut faire confiance mais d'autres avec lesquels il est difficile de s'entendre. Comment se comporter avec eux? Dans la littérature spirituelle on trouve les deux types de personnalités. Il y avait un grand saint en Inde qui disait: "Je suis un pèlerin assis au bord de la route. Je vois du bien et du mal mais je ne suis ni bon ni mauvais." C'est une très belle déclaration si on la comprend. Dans notre vie il y aura des bonnes et des mauvaises choses, certains nous aimeront, feront notre éloge tandis que d'autres nous feront des reproches ou nous critiqueront. Certains médiront de nous. La Vérité est Difficile à Accepter Même Jésus fut critiqué et finalement trahi. Le baiser de Judas est une expression bien connue. Elle signifie que nous sommes doux au dehors mais amers au dedans. Certains n'aimaient pas les enseignements de Jésus parce que la vérité n'est pas toujours agréable. Les gens ne peuvent pas accepter la vérité parce qu'ils ne veulent pas être dans la vérité. Lorsque Jésus parlait de la vérité, de la vérité hautement spirituelle, beaucoup ne pouvaient pas l'accepter. Ils cherchaient à trouver quel tort il pouvait avoir. C'est typique du mental humain, on essaye toujours de trouver ce qui ne va pas. Lorsqu'on n'aime pas quelqu'un, on se concentre toujours sur ses défauts. Les ennemis de Jésus cherchaient quelqu'un qui les aiderait à s'en emparer et à le punir. Ils trouvèrent Judas. C'est comme une chaîne avec de nombreux maillons: si l'un d'entre eux est plus fragile, c'est là qu'elle casse. De même Jésus avait des disciples extraordinaires, hommes et femmes. L'un d'entre eux était faible et nous savons par la Bible qu'il s'agissait de Judas. Beaucoup de gens appellent Judas le traître. Pourquoi Judas trahit-il Jésus? Etait-il vraiment contre Jésus, n'acceptait-il pas ses enseignements? Non. Il l'aimait, mais en même temps il avait une certaine cupidité. Si vous avez lu la Bible en détail, vous avez remarqué que Judas s'occupait des questions financières de Jésus. Bien que Jésus lui-même ne s'occupait pas d'argent, ils devaient payer des taxes au cours de leurs déplacements et lorsqu'ils se rendaient au temple. Ils avaient donc besoin d'argent et Judas s'en occupait. Il était le trésorier. Mais pour celui qui est responsable de l'argent, il y a deux attitudes possibles : être honnête ou être un peu intéressé. Judas était marié et il avait des obligations familiales. Parfois, sans que personne ne le sache, il envoyait à sa famille un peu d'argent prélevé sur l'argent de Jésus. Il avait donc une tendance à la malhonnêteté, à la cupidité. Il alla voir le grand prêtre et lui dit qu'il pouvait l'aider à s'emparer de Jésus, mais il voulait quelque chose en échange. L'histoire raconte que Satan était entré en lui et le faisait penser de cette façon. Satan peut venir à tout moment. Chaque fois que nous nous montrons faibles, à ce moment là, Satan est avec nous. Lorsque nous avons l'amour et la force, Dieu est avec nous. Et lorsque Judas eut une faiblesse et devint cupide, il alla voir le prêtre et accepta trente pièces d'argent en échange de Jésus. Il leur dit qu'il donnerait un baiser à Jésus en guise de signe et qu'ainsi les prêtres reconnaîtraient celui qu'ils devraient arrêter. Dans les quatre évangiles, on trouve trois versions du baiser de Judas. Dans l'évangile de Matthieu et de Marc, il est dit qu'il s'approcha de Jésus, s'adressa à lui en disant "Rabbi" puis lui donna le baiser. Dans l'évangile de Luc, c'est Jésus qui s'adressa à lui le premier: "Judas, tu me donnera un baiser et me trahira." Dans l'évangile de Jean, il s'agit d'une version complètement différente. Jésus s'avança vers ses ennemis et admit qu'il était Jésus. Il s'avança et se révéla lui même. Il devait être difficile de les distinguer et en agissant ainsi, Jésus évitait que quelqu'un d'autre ne sacrifie sa vie en prétendant être Jésus. Chaque Personne Est Semblable à la Lune Maintenant, revenons au Judas présent dans notre vie. Nous devrions analyser notre vie et nous poser la question de savoir à quel point nous sommes réellement honnêtes. Nous nous présentons sous des dehors très doux, très humbles, très gentils. Possédons-nous ou non cette honnêteté au-dedans? Ce n'est pas facile d'être le même au-dedans et au-dehors. La plupart d'entre nous entretiennent un double jeu. Mark Twain, l'écrivain américain, disait que nous sommes tous semblables à la lune, avec sa face brillante et sa face obscure. Tout le monde met en avant sa face brillante et cache sa face obscure. Qui est capable de dire: j'ai tel ou tel point faible, j'ai tel ou tel point fort? C'est très rare. Nous ne sommes peut-être pas ce que nous prétendons être. Lorsque Gandhi écrivit son autobiographie, il l'intitula: "Mes Expériences avec la Vérité." C'est une très belle autobiographie et tout chercheur spirituel devrait la lire. Il écrit admirablement sur ses propres faiblesses. Il raconte même comment il se rendit chez une prostituée sous l'incitation de ses amis. Il essaya de tout raconter ouvertement. Vivre une vie spirituelle, c'est essayer de faire naître l'amour pour Dieu dans notre cur. Nous devrions au minimum essayer d'être honnêtes avec nous-mêmes. Oui, je connais mes points forts et je connais mes faiblesses et j'essaye de les surmonter. Mais souvent, nous ignorons nos faiblesses. Souvenez-vous qu'une maladie non traitée peut devenir fatale. Faites attention. Toute faiblesse est une maladie qui nous ronge. Lorsqu'ils vinrent l'arrêter, Jésus leur dit: "Pourquoi voulez-vous m'arrêter? Suis-je un criminel? Est-ce que j'ai fait quelque chose de répréhensible? N'étais-je pas au milieu de vous dans le temple, en public? Tout ce que j'ai dit, je l'ai dit en public. Vous n'êtes pas venus m'y arrêter. Vous venez ici, au milieu de la nuit avec une torche, des lanternes, des bâtons et d'autres armes comme si je fomentais une révolte." L'un de ses disciples essaya de s'opposer à son arrestation en s'attaquant à l'un des serviteurs du grand prêtre avec une épée. On pourrait se demander pourquoi un disciple de Jésus portait une épée. Un jour Jésus avait dit: "Allez vendre vos vêtements et achetez une épée." Certains le prirent au sens littéral. N'oubliez pas que les enseignements spirituels ne sont pas toujours directs. Lorsque quelqu'un lui dit : "nous avons des épées," Jésus ne répondit pas. Il devait penser: "encore une manifestation de cet aveuglement qui les empêche de me comprendre. Comment me comprendront-ils un jour?" Donc l'un des ses disciples brandit l'épée et trancha l'oreille droite du serviteur. Jésus lui dit: "Qu'est-ce que tu fais? Garde l'épée à sa place. N'oublie pas que celui qui se sert de l'épée périra par l'épée. Ne fais pas cela." Il prit l'oreille, la remit bien à sa place et, si vous avez lu la Bible, vous savez que la blessure se cicatrisa instantanément. En dépit de cela et bien qu'il leur ait démontré sa gloire spirituelle, ces gens ne le comprirent pas et ils l'arrêtèrent. La Vraie Vie c'est Accepter Les prêtres menèrent une enquête sur Jésus. Les gens racontèrent tout un tas d'histoires sur ses enseignements et ses actions, mais ils n'y trouvèrent aucune raison de le punir ou de le condamner à mort. Certains vinrent porter de faux témoignages. Mais ce n'était pas suffisant. Alors le grand prêtre lui demanda: "Pourquoi tous ces gens disent-ils ces choses sur toi? Qu'as-tu à répondre?" Dans les différents évangiles les versions différent. Certains disent qu'il resta silencieux. D'après l'une des versions il dit: "J'ai tout dit publiquement. Vous pouvez vérifier ce que j'ai vraiment dit," et l'un des prêtres s'approcha et le gifla en disant que ce n'était pas une façon de répondre au Grand Prêtre. Si l'on accepte les deux versions, on pourrait dire qu'au départ il n'a rien répondu. Cela me rappelle une très belle histoire que je voudrais mettre en parallèle avec cette attitude de Jésus. Dans un village, une jeune fille tomba enceinte sans être mariée. Lorsqu'ils s'en aperçurent, les gens, y compris les membres de sa famille, l'interrogèrent sur la façon dont cela s'était produit. Elle dit que c'était le moine du village qui était responsable. Les villageois se rendirent en groupe chez le moine pour l'humilier et le traiter de tous les noms. Ils avaient aussi amené la jeune fille avec eux et ils dirent au moine de s'en occuper. Le moine ne dit rien malgré l'humiliation. Le temps passa. La jeune fille donna naissance à un enfant. Un jour, elle révéla la vérité: "J'ai menti. En fait le moine n'est pas coupable. J'avais une relation avec une jeune homme du village. Le moine est innocent." Le jeune homme avoua lorsqu'on l'interrogea. Les gens se rendirent compte de leur erreur, allèrent voir le moine et lui demandèrent pourquoi il n'avait rien dit, alors qu'il n'était pas responsable de la grossesse de la jeune fille. Le moine ne répondit rien. Pourquoi le moine a-t-il gardé le silence? S'il avait dit quelque chose, les gens l'auraient-ils cru? Il s'agissait d'une question de confiance. Le moine garda le silence et se contenta de tolérer la situation. Dans le Vivekacudamani, écrit par Adi Shankara, un livre merveilleux sur la vie spirituelle et un manuel pratique expliquant pas à pas comment changer sa vie, sa façon de penser, il est dit "Vivre pleinement c'est accepter." sahanam sarvadukhanam, apratikara purvakam Acceptez toutes les souffrances, ne vous plaignez pas, ne ronchonnez pas, n'essayez pas de vous venger. Les gens médiront de vous. Celui qui médit pollue sa langue. Pourquoi en faire une affaire personnelle? sahanam sarva dukhanam apritakara purvakam cinta vilaparahita, sapitiksha nigadhyate Libre de toute anxiété, de toute peur, sans jamais vous plaindre, conservez votre sérénité. Je sais qui je suis. Je sais ce que je fais. Je ne vais pas me laisser troubler par toutes ces choses. Restez silencieux. Rien d'autre ne compte. Mais vivez intelligemment, dans la conscience, dans l'amour. Ne vivez pas votre vie stupidement. Jésus ne répondit donc pas aux prêtres. Jean , le Disciple le Plus Proche de Jésus Dans l'autre évangile, l'évangile de Jean, nous en apprenons davantage. L'évangile de Jean est le plus récent. Beaucoup de gens pensent qu'il est moins authentique parce qu'il a été écrit plus tard. Et beaucoup pensent que comme Jean était très jeune à l'époque des évènements il n'avait peut-être même pas vu ni entendu toutes ces choses. Mais le contraire est aussi très possible. Jean était jeune, peut-être encore adolescent. Et grâce à son jeune âge il avait accès plus facilement à Jésus. Lorsqu'on vieillit, on se préoccupe des formalités. On demande la permission : puis-je venir? J'ai remarqué cela avec Baba. Je ne frappais jamais à sa porte. Je l'ouvrais, je jetais un coup d'il et j'entrais. Il n'est pas nécessaire de frapper. Pour quoi faire? Lorsque vous allez voir votre père, frappez-vous à la porte? Lorsqu'il y a des formalités, une distance se crée. Tous ces disciples plus âgés étaient près de lui mais, à mon avis, Jean était beaucoup plus proche. Lorsque Jésus fut crucifié, aucun disciple mâle en dehors de Jean n'était présent. Je pense que les écrits de Jean sont un témoignage plus direct des évènements. Dans son évangile, il écrit que Jésus répondit qu'il avait parlé publiquement au temple et non pas en privé, et qu'ils pouvaient vérifier tout ce qu'il avait enseigné. Quelqu'un l'accusa d'avoir menacé de détruire le temple fait de main d'homme et qu'il le reconstruirait en trois jours. Jésus garda le silence. C'était vrai. C'est bien ce que Jésus avait dit, mais il parlait de lui-même, du temple de son corps. Rappelez-vous que ce corps est le temple ou réside le divin. De même, l'évangile de Jean ne semblera pas hors du contexte si vous lisez le passage qui suit la Scène, lorsque Jésus alla prier. Sa prière peut être divisée en trois parties. Tout d'abord il prie pour lui-même, il prie Dieu au sujet de sa relation avec Dieu. C'est sa prière pour le Seigneur. Sa seconde prière est pour ceux qui croient en lui, pour ceux qui le suivent, pour ses disciples. La troisième prière est pour tout le monde. Lorsqu'il pria pour lui-même, il demanda la force nécessaire pour apporter à l'humanité la gloire de Dieu. Il disait : "Tu es en moi et je suis en toi". Cela montre son union complète avec le divin : tu es en moi, je suis en toi, nous sommes inséparables. Celui qui réalise cela est dans la Conscience Christique. Celui qui ne le réalise pas est dans la conscience corporelle. Comprendre l'Eternité On le comprendra mieux grâce à une comparaison donnée par Saint Kabir. Prenez un récipient. Plongez le dans l'eau. Où est l'eau? L'eau est à l'intérieur et à l'extérieur. Le récipient est dans l'eau et l'eau est dans le récipient. De même, lorsqu'on est à la recherche de Dieu, où est Dieu? N'oubliez pas que lorsqu'on vit dans ce monde, on est confronté à deux types de choses, ce qui est dans le temps et ce qui est éternel. On comprend facilement ce qui est conditionné par le temps. Une rose est conditionnée par le temps. Elle s'éclot en temps voulu et se fane et meurt avec le temps. Cet ashram est conditionné par le temps. Tout l'est. Ce qui est conditionné par le temps, limité par le temps, est facile à connaître, facile à comprendre. Dans nos vies, ce corps est conditionné par le temps, le mental est conditionné par le temps. Tout ce qui se passe autour de nous est limité par le temps. Mais n'oubliez pas que derrière tout ce qui se passe il y a l'esprit qui échappe au temps, l'âme au-dedans. Lorsque nous disons : " vous êtes l'âme ", la plupart
des gens ne comprennent pas ce que c'est. Lorsqu'on parle de Dieu, c'est
très difficile à comprendre parce que Dieu est éternel.
Il en est de même pour l'âme. Comprendre, réaliser
et accepter l'éternité n'est pas facile. Jésus. l'Incarnation Divine Lorsqu'ils lui demandèrent : "Pourquoi as-tu dit : détruisez ce temple fait de main d'homme et je le reconstruirai en trois jours?" Il ne répondit rien. Ce temple qu'est le corps est apparemment de conception humaine parce qu'il vient d'un père et d'une mère. Mais n'oubliez pas qu'en derniers recours, tout vient de Dieu. La cause de la vie dans le corps est l'esprit, Dieu.( Gurudev disait; "Si le père ne prend pas son souffle, s'il n'y a pas de souffle dans la mère, peuvent-ils concevoir et donner naissance à un enfant?") Alors le Grand Prêtre se leva et demanda: "Qui es-tu? Es-tu le Christ, le messie, le fils de Dieu?" Les autres évangiles disent qu'à ce moment-là il répondit : "Oui, je le suis." Arrêtons-nous là un instant et contemplons la scène un peu plus longtemps. Lorsqu'une incarnation divine vient sur Terre, elle sait exactement qui elle est, elle a la connaissance complète. Les incarnations viennent avec la connaissance complète. Si vous prenez la Bhagavad Gita au début du chapitre 4 vous y verrez que le Seigneur Krishna dit : "Regarde, ce yoga est impérissable et je l'ai enseigné à Vivasvan et de là il s'est propagé. Au fil du temps, il s'est perdu. Les gens oublièrent cet art de la méditation, cet art du yoga. Maintenant, je te l'enseigne." Assis près de lui, Arjuna demande : "Comment peux-tu dire cela? Tu es né comme je suis né, nous avons le même âge. Vivasvan est né il y a des milliers d'années et tu me dis que tu lui a enseigné le yoga. Je n'arrive pas à le croire." Krishna répondit : "Regarde, non seulement j'étais là à l'époque mais tu y étais aussi, lorsque j'enseignais. Mais moi, je m'en souviens et toi, tu l'as oublié. Tu es tellement captivé par ta conscience corporelle et ton ego que tu te crois limité et tu te limites toi-même avec ton corps, ton mental et ton ego. A présent tu souffres à cause du passé et du futur. Mais je fus, je suis et je serai. Je le sais." Telle fut la réponse de Krishna. Donc, lorsque le prêtre demanda à Jésus : "Es-tu le Christ, le messie, le fils de Dieu?" Il répondit : "Oui, je le suis et le moment viendra où tu me verras assis à la droite de mon père dans la gloire des cieux." Alors le prêtre s'écria : "C'est un blasphème. Il n'y a pas besoin d'autre preuve! Il doit être puni." Le Jeu de Rama Qui peut répondre à la question : "Qui suis-je?" Et celui qui le sait et qui dit ce qu'il est réellement, n'est généralement pas cru. En fait il n'y a pas besoin que les gens l'acceptent. La vérité est la vérité. Connaître "Qui suis-je?" est le but de la vie. Les incarnations divines viennent avec cette connaissance d'elles-mêmes mais la plupart du temps elles la cachent. Si vous lisez le Ramayana, vous verrez que le Seigneur Rama utilise de nombreux moyens pour rester dans l'incognito et faire comme s'il ne savait rien. Lorsque Sita fut enlevée par exemple, Rama rentra à la maison et découvrit que Sita avait disparu. Alors Rama se mit à pleurer et à sangloter amèrement, les larmes roulèrent sur ses joues et il s'agrippait aux arbres en disant : "avez-vous vu Sita, ma bien-aimée?" Il regardait les oiseaux et demandait : "Pouvez-vous me donner des nouvelles de Sita? Ô Sita, où es-tu? Que fais-tu? Comment peux-tu vivre sans moi? Comment puis-je vivre sans toi?" Shiva et Parvati, qui voyageaient dans l'espace, regardèrent en bas et ils virent la scène. Shiva dit: "Ô Dieu, comme ton jeu est merveilleux. Tu sais tout et tu joues le rôle de celui qui ne sait rien." Parvati demanda : "Quel est ce Dieu dont tu admires le jeu? S'agit-il de ce prince frustré, brisé par l'émotion, qui pleure, sanglote et se lamente ? Et qui ne sait même pas ce qui est arrivé à sa femme. Il se comporte comme un insensé et appelle à l'aide les arbres et les oiseaux. Est-ce là ce que tu appelles le jeu divin?" Shiva répondit : "Parvati, ne parle pas ainsi. Si tu ne me crois pas, va donc tester par toi-même s'il a la connaissance ou non." Parvati imagina donc un stratagème pour déterminer si Rama était ou non une manifestation divine. Elle prit la forme de Sita. Sa version de Sita, avec les mêmes vêtements, la même apparence, avec sa volonté. Elle alla à la rencontre de Rama et se mit en face de lui. Rama ne regardait pas. Il avait promis qu'il ne poserait les yeux sur personne d'autre que sa femme. Pas d'échange de regard, telle était sa promesse. Parvati pensa qu'il n'avait peut-être pas remarqué sa présence. Elle éleva la voix empruntant la voix de Sita : "Mon bien-aimé, je suis là." Rama répondit: "Ô mère divine, pourquoi jouez-vous ce jeu avec moi sous cette forme? Où est le Seigneur Shiva?" Les incarnations divines, bien qu'elles sachent tout, jouent leur jeu comme si elles ne savaient rien. C'était le cas du Seigneur Jésus. Jésus fit de nombreux miracles, de nombreuses guérisons, et enseignait d'une façon merveilleuse mais il essayait en même temps d'adopter un profil discret. Une fois il dit : "Si j'en priait Dieu, il enverrait des milliers d'anges pour me protéger." Mais il n'en fit pas la demande. Au contraire il dit : "Que les prophéties des écritures s'accomplissent." Alors les prêtres l'envoyèrent au gouverneur Pilate. Le Reniement de Pierre Jésus avait dit à Pierre qu'il le renierait trois fois avant que le coq ne chante. Pierre suivit Jésus lorsqu'ils l'emmenèrent à la résidence du grand prêtre. Pierre était dans la cour, il faisait froid et les gardes étaient assis autour du feu pour se réchauffer. Pierre s'assit au milieu d'eux pour voir ce qui se passait et il vit comment Jésus fut emmené et humilié. Une servante du grand prêtre vit Pierre et lui demanda: "N'es-tu pas l'homme qui était avec Jésus?" Pierre répondit: "Je ne sais pas de quoi tu parles." Il s'éloigna du feu et des gardes et comme il s'en allait une autre femme le reconnut : "J'en suis sûre, c'est bien toi qui es le disciple de Jésus." Pierre dit : "Je le jure, je ne suis pas cet homme." On lui demanda une troisième fois et il répondit encore : "Je ne le connais pas." Remarquez le changement dans ses réponses. La première fois il dit: "Je ne comprends pas ce que tu dis." La deuxième fois il dit: "Je ne suis pas l'homme dont tu parles." La troisième fois il dit: "Je ne le connais pas." Il n'avait pas plutôt prononcé cette phrase que le coq se mit à chanter. Pierre s'assit, se repentit et se mit à pleurer. "Comment chaque mot des êtres divins se réalise..." Vivekananda fit la même découverte avec son gourou Ramakrishna. Ramakrishna lui dit : "Observe le jeu de la Mère Divine. Si elle le veut, elle te donnera un lit épais, aussi épais que la longueur de ma main. Mais si elle ne le veut pas, tu ne trouveras pas d'endroit pour dormir." Vivekananda l'entendit mais il ne le prit pas au sérieux. Plusieurs années après le mahasamadhi de Ramakrishna, il arriva pour la première fois aux Etats Unis. La première nuit, il ne pouvait pas trouver d'endroit où dormir. Il passa la nuit dans un wagon de marchandises à la gare. C'était le mois de septembre et il faisait froid à Boston. Le lendemain matin il était exténué après une nuit sans sommeil. Il avait froid et il avait faim et bien qu'il ait de l'argent pour payer, il ne trouvait pas de restaurant pour lui servir quelque chose. Il frappa à la porte d'une maison. Une femme ouvrit et découvrit un homme dans un accoutrement bizarre, mais rempli de calme. Lorsqu'elle réalisa qu'il s'agissait d'un délégué au parlement des religions, elle l'invita à entrer. Elle lui servit quelque chose à manger. Elle vit qu'il avait l'air fatigué et lui offrit une chambre. C'était une belle chambre bien meublée. Il regarda le lit. Le matelas était très épais. Il le mesura avec sa main. Il avait l'épaisseur de la longueur de sa main et il se souvint de la prophétie de son gourou. Elle s'accomplissait à la lettre. Il pleura et ne put dormir. Dans l'Autobiographie d'un Yogi il y a une histoire similaire. Shiyukteshwarji prédit qu'on servirait à Yoganandaji des fraises à la crème. Et lorsque Yoganandaji alla en Occident on lui servit des fraises à la crème et il se souvint des mots de son gourou. Revenons à Pierre. Il pleurait amèrement. "Je suis si faible. Je ne suis pas capable de l'accepter et de me déclarer l'un de ses disciples." Lorsque Pierre fut crucifié il refusa de l'être comme son Seigneur et demanda à être crucifié la tête en bas. Et c'est ce qui se produisit. La vie est un jeu; nous devons jouer notre rôle. Judas se Repent Revenons maintenant à Judas, qui est à l'origine de toute l'histoire. Lorsque Judas vit les humiliations et les tortures infligées à Jésus, les mensonges proférés à son sujet, lorsqu'il vit que Jésus allait être martyrisé, il se repentit. Il se lamenta à grand bruit, prit la bourse de 30 pièces et dit au grand prêtre: "J'ai péché. J'ai trahi mon Maître. Il est innocent. Reprends tes pièces, je n'en ai que faire." Le prêtre répondit: "Nous n'avons rien à voir avec ces pièces. Va-t'en!" Judas jeta les pièces et s'enfuit en courant. Le prêtre ordonna que ces pièces ne soient pas remises dans le trésor du temple parce qu'elles étaient le prix du sang. "Avec cet argent achetons un terrain pour en faire un cimetière pour les étrangers." Alors Judas courut se pendre. Il se suicida par repentance. La morale de cette histoire est que, lorsque la tentation se présente, nous devrions être un peu plus fort, nous devrions prier pour surmonter les faiblesses de notre vie. Jésus dit que personne n'est parfait mais que nous devrions essayer d'être parfaits comme notre père céleste est parfait. Nous devrions essayer encore et encore malgré nos millions d'erreurs. Si nous essayons en priant sincèrement, avec un amour et une dévotion sincères, nous grandirons lentement. Aujourd'hui, en ce jour très spécial où nous pensons au Christ, contemplons notre vie, nos points forts et nos faiblesses. Un guerrier s'engage sur le champ de bataille conscient de ses faiblesses et de ses points forts. Mais lorsqu'il est au milieu de la bataille, il ne pense qu'à sa force parce que la pensée de ses faiblesses l'affaiblirait. Repentez-vous mais allez de l'avant avec détermination. Confessez vos faiblesses à Dieu mais soyez forts et avancez. Dites : "Oui, je suis un enfant de Dieu, je vais surmonter mes faiblesses. Je vais les combattre." Ainsi lorsque Jésus parlait de porter une épée, il parlait de l'épée de la discrimination, l'épée de la connaissance. Vendez vos vêtements signifiait abandonnez votre conscience corporelle pour faire de votre corps le temple de Dieu, le temple de l'amour, le temple de la divinité. Alors notre vie sera belle. Redressez-vous, fermez les yeux. A minuit, Jésus pria en disant : "Je suis en toi et tu es en moi. Et que tous ceux qui m'aiment réalisent qu'ils sont en nous et que nous sommes en eux." Ressentez la présence de Dieu dans le corps, dans la fontanelle, dans le centre de l'âme, le centre de la conscience christique. Lorsqu'on va là, on devrait ressentir la présence du Christ, la présence de Dieu en nous, et que non seulement Dieu et le Christ sont en moi mais que je suis eux, une existence inséparable. Nous devons le réaliser. Et pour le réaliser nous devons être libéré de la conscience corporelle, nous devons porter l'épée de la discrimination. Je vais avoir de l'amour pour le Christ, l'amour pour Dieu. Dans notre vie, les gens vont essayer de nous trahir, mais pardonnons leur. Ceux qui font quelque chose de mal payeront le prix. Je n'adopterai pas une attitude de revanche dans ma vie. Ce qu'on sème, on le récolte. Selon ce que l'on fait, on reçoit en retour. Faites attention. Une personne récoltera le fruit si elle agit sans ego et sans attachement. Judas trahit Jésus, mais Jésus l'aimait. Restez dans la vérité. Nous sommes tous des enfants du divin. Aimez Dieu, aimez le Christ, aimez les Gourous. Ne perdez pas de temps, aimez à chaque souffle. Concluons avec un chant de Yoganandaji qu'il aimait chanter le jour de Pâques: Ô mon Christ, Ô mon Christ, Jésus Christ, viens! Chantons avec un profond amour pour le Christ, un profond amour pour
Dieu
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